Teresa Poester, est née à Bagé (Brésil), en 1954.

Elle est artiste et professeur de dessin à l’Institut d’Art de l’université fédérale à Porto Alegre-UFRGS, où elle termine sa formation en 1982. Elle a réalisé des expositions individuelles au Brésil, Argentine, Espagne, France et Belgique, obtenant des prix de dessin.

Au début de son parcours dans les années 80, elle se consacre à l’art postal, tout en travaillant l’art graphique, les décors de théâtre et de film, et l’illustration. De 86 à 89, elle étudie la peinture à l’université Complutense de Madrid. Entre 1998 et 2002, elle réalise son travail de doctorat en France, à Paris 1-Sorbonne sur la relation entre le dessin de paysage et l’abstraction. De retour en France de 2006 à 2009, elle poursuit ses recherches sur le dessin et ses multiples applications. En 2012, elle crée au Brésil l’Atelier D43, groupe associant le dessin à la performance et à la vidéo. En 2015, admise pour un post-doctorat en France, elle obtient une résidence artistique pour le groupe Atelier D43 à l’espace Anis Gras à Arcueil. Pendant cette même année, elle donne des cours de dessin à l’université Jules Verne, Amiens, Picardie.

Actuellement, elle partage son temps entre Eragny-sur-Epte et Porto Alegre. Le dessin et les différents langages et technologies qui s’y rapportent, sont au cœur de son travail d’artiste.

Teresa Poester est l’un des 3 artistes de l’exposition collective « Setting space in Time » organisée par la Galerie Umcebo avec La Valise.

J’ai commencé, il y a longtemps, par des dessins figuratifs et allégoriques, conséquence de la dictature au Brésil quand on parlait par métaphore. Plus tard, à Madrid, mon travail s’est transformé en peinture par le biais du paysage qui le mène graduellement à l’abstraction.

Enfant, j’aimais remplir des carnets de griffonnages. Depuis quelques années j’ai voulu refaire ces petits traits obsessionnels et contrarier la logique en utilisant des grands formats avec des gestes minuscules. Les traits et les points se superposent et fonctionnent comme une texture, des champs de couleur, et non comme des contours.

Ces textures constituent une sorte de voile, unissant les différents éléments, laissant des espaces libres pour y donner la sensation d’une autre tonalité. Les formats carrés qui ne conditionnent le regard ni au portrait ni au paysage, embrassent souvent la taille de mon corps.

Je ne suis pas habituée à dessiner le paysage d’après l’observation. Mon travail procède du travail lui-même. Cependant l’environnement m’influence inconsciemment.

En France, j’ai travaillé dans l’ancien atelier de Pissarro à Eragny‐sur‐Epte. Ses dimensions m’ont permis d’augmenter la taille de mes supports. Sous l’influence du paysage du Vexin, mon travail est devenu de plus en plus abstrait.

Graduellement j’abandonne la tâche pour la ligne, suite d’un point dans le temps et l’espace, traduction plus fidèle du mouvement. À partir de cette période, l’action de dessiner devient protagoniste.

Plus récemment, ma démarche porte sur un dessin combinant différents langages et technologies contemporains. Je dessine sur du papier imprimé comme dans l’installation Anagrammes, les séries Résonances ou Quatre saisons.

Je recherche l’articulation entre la ligne et la tache préexistente dans la nature, suivant un cheminement inverse au traditionnel : au lieu de transférer le paysage vers le papier à travers le dessin d’observation, je photographie les textures de la nature à partir de mes dessins. Il s’agit d’une superposition de différentes techniques par couches. Ce sont des gravures-métal photographiées, manipulées numériquement, imprimées et dessinées.

Au Brésil ou en France, individuellement ou avec deux jeunes artistes de l’Atelier D43, j’explore plus systématiquement un processus hybride. Ma démarche personnelle est influencée par le travail collectif et combine de plus en plus dessin, gravure, photo, manipulation numérique, livre-objet, performance et surtout vidéo. Le dessin s’ouvre de plus en plus sur de nouveaux supports.

Teresa Poester